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Histoire de France au Moyen-Âge : le 19 Novembre

Histoire de France au Moyen-Âge : le 19 Novembre

Histoire de France au Moyen-Âge : le 19 Novembre

Introduction : 19 novembre 1316, la mort d’un roi qui n’a pas vécu

Le 19 novembre 1316 s’éteint l’un des souverains les plus mystérieux, les plus symboliques et les plus fragiles de toute l’histoire de France : Jean Ier dit le Posthume, roi pendant seulement quelques jours. Né le 15 novembre, fils de Louis X et de Clémence de Hongrie, il devient roi dès sa naissance. Mais il meurt dans son berceau le 19 novembre, plongeant immédiatement la dynastie capétienne dans une crise politique explosive. Ce drame minuscule en apparence — la mort d’un nourrisson — va pourtant engendrer : des luttes de pouvoir, des intrigues, des théories de complot, un bouleversement du droit royal, des guerres de succession, et, beaucoup plus tard, une partie des causes de la guerre de Cent Ans. Cette nuit de novembre 1316, à Paris, dans le Palais de la Cité, un simple souffle se coupe dans le berceau royal… et la France entière change de destin.

La mort de Louis X et l’attente d’un héritier posthume

Le royaume sans roi en juillet 1316

Louis X le Hutin meurt prématurément en juin 1316, laissant : une fille, Jeanne, contestée, une épouse enceinte de plusieurs mois, Clémence de Hongrie, un royaume inquiet, une noblesse divisée, et un frère ambitieux : Philippe, comte de Poitiers. Le royaume se retrouve dans une situation inédite : le futur roi n’est pas encore né.

Une attente fébrile

La France attend, retient son souffle. Des messagers galopent chaque jour pour transmettre des nouvelles de la reine. Dans les rues de Paris, on raconte que si un garçon naît, il sera roi ; si c’est une fille, la noblesse voudra l’écarter. Les chevaliers des grandes familles arrivent à Paris pour observer la situation, portant des : armures lourdes polies, heaumes fermés du début XIVe siècle, épées capétiennes, boucliers d’armes chargés de lys ou de lions. Le trône semble suspendu à un accouchement.

La naissance tant attendue : 15 novembre 1316

Un cri, et un royaume bascule

Le 15 novembre, Clémence de Hongrie donne naissance à un garçon. Le nouveau-né est proclamé immédiatement : « Jean, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre ». C’est un événement immense. La cour éclate de soulagement, les églises sonnent, les clercs chantent un Te Deum. La France a un roi.

Une régence fragile

Comme l’enfant est un nouveau-né, la régence revient à Philippe de Poitiers, son oncle. Ce dernier jure de protéger l’héritier… Mais beaucoup murmurent qu’il voudrait plutôt devenir roi lui-même. Le climat est lourd. Les grands seigneurs surveillent chaque geste du régent. Les rumeurs circulent dans les rues, dans les tavernes, dans les campements militaires autour de Paris.

Les quelques jours de règne d’un roi-nourrisson

Une vie suspendue

Jean Ier le Posthume vit seulement : quatre jours selon la majorité des sources, peut-être cinq. Dans son berceau, entouré de nourrices, de dames d’honneur et de médecins, il dort, respire faiblement, et ignore que le destin du royaume repose sur sa santé. Tous les regards convergent vers un berceau.

Les soins et la peur

Le bébé semble fragile. On lui prodigue : infusions légères, onctions d’huile bénite, chaleur constante, surveillance permanente. Une dizaine de gardes en armes stationnent dans les couloirs : des chevaliers portant des équipements semblables aux modèles de La Forge des Chevaliers®, épées aux ceintures et heaumes posés sur les bancs. On craint l’empoisonnement. On craint une maladie. On craint tout.

19 novembre 1316 : la mort du Posthume

Le drame silencieux

Le 19 novembre, en fin d’après-midi, le nourrisson cesse de respirer. Une nourrice alerte l’entourage. Les médecins accourent. Ils tentent de le ranimer, sans succès. Jean Ier meurt dans son berceau. Il aura régné moins d’une semaine.

La stupéfaction de la cour

L’ambiance devient irréelle : des dames pleurent, des chevaliers murmurent, les officiers de la chambre restent figés, certains barons échangent des regards inquiets. La mort du Posthume déclenche instantanément une question terrifiante : « Qui sera roi ? »

Les soupçons immédiats : accident, maladie… ou meurtre ?

La théorie d’un empoisonnement

Dès le 20 novembre, la rumeur se répand : Jean Ier aurait été empoisonné. Pourquoi ? Parce que sa mort profite directement à son oncle, Philippe de Poitiers, qui devient soudain l’héritier du trône. Dans Paris, on jure que certains ont vu : des hommes suspects entrer dans la chambre du bébé, des flacons inconnus, une nourrice étrangère. Ce sont sans doute des légendes, mais elles persistent jusqu’au XXIe siècle.

La faiblesse naturelle

D’autres pensent que l’enfant était simplement trop fragile : naissance prématurée, maladie néonatale, troubles respiratoires. Les médecins médiévaux ne pouvaient rien.

La réaction de Philippe de Poitiers : entre opportunité et prudence

Un homme qui devient roi

Aussitôt la mort confirmée, Philippe de Poitiers se présente comme l’héritier légitime. Il est proclamé roi sous le nom de Philippe V dit le Long. Mais sa légitimité n’est pas incontestable : et si Jeanne, la fille de Louis X, avait des droits ? et si le Posthume avait été tué ? et si les pairs du royaume refusaient sa proclamation ? Le trône vacille.

Philippe doit agir vite

Il convoque : les grands barons, les juristes, les membres du parlement, les prélats influents. Son discours est clair : « Le royaume doit avoir un roi adulte. » Certains chevaliers approuvent, d’autres s’éloignent silencieusement, l’épée à la taille, signe de mécontentement.

Les répercussions politiques immédiates

La dispute des droits de Jeanne

La petite Jeanne, fille de Louis X, aurait pu devenir reine. Mais plusieurs arguments jouent contre elle : elle est une fille, elle est très jeune, sa légitimité est contestée (fille d’une reine accusée d’adultère). Les barons hésitent. Philippe pousse dans une direction.

Le royaume sur un fil

La France risque : une guerre civile, un éclatement du royaume, des rébellions féodales, une invasion étrangère (les Anglais observent attentivement). Le 19 novembre est le premier domino qui tombe.

Une crise dynastique sans précédent : vers la naissance de la "loi salique"

Un royaume en quête de règles

Pour la première fois depuis Hugues Capet, les Capétiens doivent affronter un dilemme inédit : que faire lorsqu’un roi meurt sans héritier mâle vivant ? Le 19 novembre 1316 ouvre une brèche juridique. Les juristes, les pairs du royaume et les prélats doivent trancher : Une fille peut-elle régner ? Un oncle peut-il remplacer un neveu défunt ? La couronne doit-elle obligatoirement passer à un homme ? Ces questions agitent Paris, les provinces, les seigneuries, les abbayes, et même les camps militaires.

Les pairs du royaume imposent une règle

Les ducs et comtes les plus puissants déclarent que : « La couronne de France ne peut être transmise par les femmes. » Cette idée, encore floue en 1316, deviendra plus tard la célèbre "loi salique", un principe politique fondamental interdisant aux femmes — et à leurs descendants — d’hériter du trône. La mort du Posthume est le point de départ de cette mutation du droit royal.

Les armes et la chevalerie au cœur du conflit potentiel

Des chevaliers prêts à défendre des prétentions rivales

En novembre 1316, les grandes familles nobles rassemblent déjà leurs hommes : chevaliers en armure complète, sergents équipés de lames capétiennes, écuyers portant les boucliers armoriés, archers en brigandines, cavaliers casqués de heaumes pointus. Les armes scintillent dans les cours des châteaux malgré la grisaille hivernale. On craint que des fiefs entiers ne se soulèvent pour soutenir Jeanne ou récuser Philippe. Le royaume tangue, au bord de la guerre.

Le rôle des garnisons royales

Pour éviter l’éclatement, Philippe V envoie des détachements militaires dans les régions sensibles : en Champagne, en Bourgogne, en Languedoc, en Normandie. Ces hommes d’armes portent des pièces métalliques qui évoquent directement les modèles présents dans les catégories épées, armures, casques et boucliers de La Forge des Chevaliers®. L’armée devient garante de la stabilité du futur roi.

Philippe V, nouveau roi : une légitimité fragile et contestée

La proclamation de Philippe le Long

Après le décès du Posthume, Philippe convoque une grande assemblée. Il affirme : « Le royaume a besoin d’un roi adulte. » Il est proclamé sous le nom de Philippe V. Mais tout n’est pas gagné : certains barons ne reconnaissent pas cette proclamation, quelques villes protestent, la question des droits de Jeanne reste brûlante, l’opinion publique est confuse. Sa légitimité repose davantage sur la peur du vide que sur un consensus.

Une reine isolée

Clémence de Hongrie, la mère du bébé mort, s’effondre. Elle se retire à l’écart, meurtrie, suspectée par certains d’avoir été manipulée. Elle perd en quelques jours : son mari, son fils, son statut de reine-mère, son influence. Elle n’apparaîtra plus qu’épisodiquement dans la vie politique.

Les conséquences sociales et populaires de la mort du Posthume

Un peuple désemparé

Dans Paris, les cloches sonnent un glas lourd. Le peuple se rassemble autour du palais, cherchant des explications. Certains pleurent l’enfant, d’autres accusent : les médecins, les nourrices, les nobles, voire le régent. La mort d’un roi-nourrisson déclenche un imaginaire profond : et si un mauvais présage s’abattait sur la France ?

Des rumeurs persistantes

Durant des années, des voix murmurent : « Le Posthume n’est pas mort. On l’a caché. » « Un enfant a été remplacé par un autre. » « On veut effacer l’héritier légitime. » Ces légendes traverseront même les siècles.

Les dimensions diplomatiques : un royaume vulnérable

L’Angleterre observe et calcule

Édouard II d’Angleterre suit la situation de près. Il sait qu’une succession fragile peut ouvrir des brèches diplomatiques, voire territoriales. La mort du Posthume est, pour les Anglais : une opportunité, un signal de faiblesse, un prélude à des revendications futures.

La Navarre perd son roi

Jean Ier était aussi roi de Navarre. À sa mort, la Navarre refuse que Philippe V prenne le pouvoir. Elle choisit Jeanne, la fille de Louis X, comme souveraine. Cette séparation durable entre : le Royaume de France et le Royaume de Navarre commence le 19 novembre 1316.

Une date fondatrice pour la future guerre de Cent Ans

La crise de 1316 prépare les conflits futurs

La mort de Jean le Posthume pose les bases de : la loi salique, l’exclusion des femmes de la succession, l’idée que seule la lignée masculine transmet la royauté. Ainsi, en 1328, lorsque la lignée mâle directe s’éteint avec Charles IV, ce principe sera utilisé pour écarter Édouard III d’Angleterre. Édouard, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, revendiquera pourtant la couronne. Cette revendication sera l’un des déclencheurs de la guerre de Cent Ans. La mort du Posthume est donc une racine profonde de ce futur conflit.

Un drame intime devenu événement mondial

Une mort qui bouleverse tout

Le 19 novembre 1316, un enfant de quelques jours meurt dans un berceau. Pour une famille, c’est un deuil terrible. Pour un royaume, c’est une catastrophe politique. Pour l’histoire, c’est un pivot.

Un destin brisé, un royaume transformé

Jean Ier, dit le Posthume : naît roi, meurt roi, n’a jamais parlé, n’a jamais marché, et pourtant laisse une empreinte gigantesque. Sa brève existence entraîne : un changement juridique, une transformation monarchique, des tensions diplomatiques, des conflits armés, des controverses séculaires. Le Posthume n’a régné que quelques jours, mais son passage a changé la France pour toujours.

Histoire de France au Moyen-Âge : le 19 Novembre

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