Histoire de France au Moyen-Âge : 4 janvier. Le 4 janvier 1378, Paris vit un moment rare : l’empereur Charles IV...
Histoire de France au Moyen-Âge : le 22 Novembre
Histoire de France au Moyen-Âge : le 22 Novembre
22 novembre 1422 : Paris offre sa couronne à un roi anglais
Le 22 novembre 1422, un sacre qui déchire la France
Le 22 novembre 1422, la cathédrale Notre-Dame de Paris accueille l’un des sacres les plus controversés, les plus dramatiques et les plus symboliques de toute l’histoire de France : Henri VI d’Angleterre, âgé de dix mois, est couronné roi de France. L’enfant royal, né en Angleterre l’année précédente, est proclamé héritier légitime du royaume de France selon les termes du traité de Troyes (1420), signé par Charles VI, qui avait désigné son gendre Henry V d’Angleterre comme successeur, rejetant son propre fils, le futur Charles VII. Ce sacre ne symbolise pas seulement un choix politique : il marque la division totale du royaume, un pays déchiré entre : les Anglais et les Bourguignons d’un côté, les Armagnacs et les partisans de Charles VII de l’autre. Le 22 novembre 1422, Paris est une ville occupée, fièrement décorée aux couleurs anglaises et bourguignonnes, couverte de chevaliers lourdement armés, de bannières, de trompettes, de processions somptueuses. Le royaume tremble : un bébé anglais devient officiellement « roi de France ».
Contexte : l’année 1422, une année de morts, de rois et de chaos
La France à l’agonie
L’année 1422 est catastrophique : Henry V d’Angleterre meurt en août, Charles VI de France meurt en octobre, les deux couronnes se retrouvent sans roi adulte, la guerre de Cent Ans s’intensifie, les campagnes sont ravagées, les factions s’entre-déchirent. Dans ce chaos, les Anglo-Bourguignons voient une occasion d’imposer un nouveau roi avant que Charles VII ne puisse réagir.
Un royaume coupé en deux
La France de 1422 n’est plus une unité politique. Elle est littéralement scindée : → Au nord, Paris, Rouen, la Normandie, la Picardie, le Nord-Est sont contrôlés par les Anglais et les Bourguignons. → Au sud, Charles VII règne depuis Bourges, d’où son surnom de « roi de Bourges ». La tension est immense. Les routes sont dangereuses, les villes fortifiées prêtes au combat, les chevaliers en alerte maximale.
Les préparatifs du sacre : Paris occupée et transformée
La ville décorée aux couleurs anglaises
Pour ce sacre exceptionnel, les autorités bourguignonnes et anglaises déploient une mise en scène gigantesque : des bannières au léopard d’Angleterre pendent au-dessus des rues, des tentures blanches et rouges décorent les façades, des cierges massifs illuminent les ponts, des barrages militaires encadrent les entrées de la cathédrale, des compagnies d’archers anglais et de sergents bourguignons patrouillent en formations serrées. Les chevaliers anglais portent : des armures de plate complètes du XVe siècle, des salades et barbutes, des épées longues à croix droite, des écus biseautés peints de motifs héraldiques. Leurs silhouettes massives résonnent dans les rues pavées.
Les Bourguignons, maîtres de la capitale
Jean sans Peur ayant été assassiné en 1419, son fils Philippe le Bon poursuit l’alliance avec les Anglais. Les milices bourguignonnes, vêtues de brigandines décorées de croix de Saint-André, occupent les points stratégiques de la capitale : ponts, portes, places, carrefours. Paris est sous contrôle militaire. Impossible pour les partisans de Charles VII d’approcher.
La procession vers Notre-Dame : un spectacle d’armures et de bannières
Un cortège guerrier
Le 22 novembre au matin, le cortège part du palais royal, escorté par : des archers anglais en linothorax sombre, des chevaliers cuirassés portant des lances et hallebardes, des canonniers, des officiers bourguignons portant les bannières des ducs. C’est moins un cortège sacré qu’une démonstration de force militaire. Les cloches de Notre-Dame sonnent à toute volée. Les habitants, inquiets ou résignés, regardent la scène derrière des volets entrouverts.
Le bébé-roi apparaît
Dans les bras du duc de Bedford, régent du royaume, l’enfant Henri VI est présenté aux foules parisiennes. Il a dix mois. Il ne comprend pas qu’il devient roi de deux royaumes en guerre. Autour de lui, une cascade de chevalerie brille au soleil de novembre : plastrons martelés, brassards articulés, gantelets sculptés. Une véritable vitrine des équipements semblables à ceux de La Forge des Chevaliers®.
La cérémonie : un sacre hors-norme, une cathédrale en état de siège
Notre-Dame remplie de soldats
Contrairement aux sacres traditionnels, où la cathédrale est pleine de clercs et de nobles, Notre-Dame est surtout remplie de : chevaliers anglais, sergents bourguignons, hommes d’armes casqués, archers en armure légère. Le clergé est présent, mais sous surveillance. La majesté religieuse se mêle à la menace des armures.
L’onction sacrée
Le cardinal de Winchester effectue l’onction sur le front de l’enfant. Henri VI devient officiellement : « Roi de France et d’Angleterre, par la grâce de Dieu ». C’est une insulte directe à Charles VII et à ses partisans. Le cœur du royaume de France reconnaît un roi anglais.
La signification politique : une guerre de trônes
Charles VII proclamé de son côté
Le même mois, à Bourges, les partisans du dauphin Charles le proclament roi sous le nom de Charles VII. La France a donc deux rois, deux légitimités, deux lignes de succession. C’est un point culminant de la Guerre de Cent Ans.
Les Anglais pensent avoir gagné
Pour Bedford et les conseillers anglais, ce sacre représente : l’aboutissement du traité de Troyes, la domination totale de Paris, la fin des espoirs armagnacs, la consolidation des conquêtes anglaises. À leurs yeux, la France appartient désormais au roi d’Angleterre.
Paris occupée : une ville sous contrôle anglais
Une capitale en état militaire permanent
Après le sacre, Paris demeure sous domination anglo-bourguignonne. Les rues sont sillonnées par : des archers anglais au longbow, des chevaliers portant armures de plates articulées, des hommes d’armes casqués de sallets pointus et visières mobiles, des hallebardiers bourguignons, des sergents aux épées anglaises à garde droite. Chaque porte de la ville est tenue par une garnison. Entrer ou sortir de Paris exige une justification et une fouille. La capitale n’a jamais autant ressemblé à un camp retranché.
La population partagée
Les Parisiens oscillent entre : la peur des Anglais, l’habitude de la présence bourguignonne, la nostalgie des Capétiens, le fatalisme. Beaucoup pensent que Charles VII ne reviendra jamais à Paris. La cérémonie du 22 novembre semble sceller un nouvel ordre politique.
Le rôle du duc de Bedford : le véritable maître du royaume
Un régent stratège et implacable
L’enfant-roi n’étant qu’un nourrisson, c’est John of Lancaster, duc de Bedford, frère du défunt Henry V, qui devient régent du royaume de France. Bedford est un chef militaire redoutable : méthodique, discipliné, excellent organisateur, doté d’une vision stratégique. Il restructure les armées anglaises, renforce les places fortes, et installe une administration anglo-bourguignonne.
Les chevaliers anglais comme colonne vertébrale du pouvoir
Autour de Bedford, la chevalerie anglaise domine : des chevaliers en plates complètes polies, des porte-enseignes au léopard d’or, des hommes d’armes munis de cimeterres courts, des archers cuirassés, des officiers armés de targes rondes. Beaucoup de ces équipements rappellent ceux proposés dans les collections médiévales de La Forge des Chevaliers®. L’armée anglaise en France est l’une des mieux équipées d’Europe.
Charles VII : un roi en exil qui refuse de mourir
Le roi de Bourges ne renonce pas
Pendant que Paris célèbre un roi anglais, Charles VII rassemble autour de lui : chevaliers fidèles, officiers expérimentés, compagnies d’ordonnance, seigneurs du Berry, de Touraine, d’Auvergne et du Poitou. Il refuse le traité de Troyes. Pour lui, la France ne peut être remise à un roi étranger. Son sacre à Bourges contredit celui d’Henri VI.
L’espoir renaît dans le sud du royaume
Des régions entières restent fidèles aux Capétiens : Bourges, Poitiers, Limoges, Lyon, Toulouse, la vallée de la Loire. Ces terres deviendront le noyau de la future reconquête.
Le choc des légitimités : deux rois, deux Frances
Un royaume fracturé
Entre 1422 et 1429, la France vit une situation unique : Un roi anglais à Paris. Un roi français à Bourges. Deux administrations. Deux armées. Deux systèmes fiscaux. Deux noblesses. Deux visions du royaume. Notre-Dame a sacré un enfant anglais. La cathédrale de Reims, elle, est aux mains des Anglo-Bourguignons. Charles VII ne peut pas s’y faire sacrer. La France semble perdue.
L’importance symbolique du sacre
Dans la mentalité médiévale, être sacré = être roi légitime. Le sacre d’Henri VI, même contesté, donne aux Anglais un avantage psychologique immense. Il leur permet de dire : « Dieu lui-même a confirmé le traité de Troyes. » C’est une guerre autant religieuse que militaire.
Les armées anglaises renforcent leur domination
La supériorité anglaise en 1422
Au lendemain du sacre, les forces anglaises profitent d’un élan moral considérable. Leurs armées sont disciplinées, leurs chevaliers bien équipés, leurs archers redoutables. Leurs armes rappellent de nombreux modèles visibles dans l’armurerie de La Forge des Chevaliers® : épées longues anglaises, dagues à lame triangulaire, salades, cervelières et barbutes, boucliers peints de rouge et d’or, brigandines renforcées par des rivets d’acier. Ils tiennent Paris comme une forteresse.
Le royaume semble perdu pour les Capétiens
En 1422–1425, peu de seigneurs croient encore en la reconquête. La Loire devient une ligne de front. Le nord de la France est totalement acquis aux Anglo-Bourguignons. Les armagnacs accumulent les défaites. Les gens du peuple parlent d’une fin prochaine de la dynastie capétienne.
Mais un retournement arrive : l’étincelle de 1429
Une jeune fille change le destin
Sept ans après le sacre d’Henri VI, une paysanne de Domrémy, Jeanne d’Arc, se présente à Charles VII. Elle promet : « J’ai été envoyée pour vous faire sacrer à Reims et chasser les Anglais de France. » À ce moment-là, les Anglais croient encore leur domination assurée. Ils ne se doutent pas qu’ils ont déjà atteint leur sommet en 1422. Le sacre d’Henri VI est leur apogée… et le début de leur déclin.
Conclusion : 22 novembre 1422, un sacre sans lendemain
Le sacre d’Henri VI à Notre-Dame est : un exploit diplomatique, une victoire anglaise éclatante, un triomphe bourguignon, une humiliation pour Charles VII, un tournant majeur de la Guerre de Cent Ans. Mais ce sacre est aussi une illusion. Il représente le sommet du pouvoir anglais en France… juste avant leur chute. Car sept ans plus tard, c’est un autre sacre — celui de Charles VII à Reims — qui renversera totalement la situation. Les armures anglaises, les épées longues, les casques brillants du cortège de 1422, toutes ces pièces de métal, semblables aux modèles de La Forge des Chevaliers®, n’auront pas suffi à dominer durablement la France. Le 22 novembre 1422 marque un triomphe… mais un triomphe condamné à s’effondrer.
Histoire de France au Moyen-Âge : le 22 Novembre


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