Histoire de France au Moyen-Âge : 4 janvier. Le 4 janvier 1378, Paris vit un moment rare : l’empereur Charles IV...
Histoire de France au Moyen-Âge : le 23 Novembre
Histoire de France au Moyen-Âge : le 23 Novembre

23 novembre 1407 : Le meurtre qui plonge la France dans la guerre civile
Le 23 novembre 1407, une nuit glaciale où tout bascula
Le soir du 23 novembre 1407, dans la rue Vieille-du-Temple à Paris, un fracas d’armes déchire la nuit. Des pas rapides, un hennissement, puis des cris. Quelques instants plus tard, un corps gît dans la poussière, mutilé, la gorge ouverte : c’est Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI, l’un des hommes les plus puissants du royaume. Son assassinat est un tremblement de terre politique. Ce meurtre, commandité par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, ne tue pas seulement un prince : il ouvre la porte à plus de trente ans de guerre civile, déchirant la France entre Armagnacs et Bourguignons, affaiblissant le royaume au point de permettre l’invasion anglaise durant la guerre de Cent Ans. Le 23 novembre 1407, une embuscade de chevaliers et d’hommes d’armes — armés d’épées, de haches, de coutelas — plonge Paris dans la terreur. Cette nuit de sang est l’une des plus dramatiques de tout le Moyen Âge français.
Contexte : un royaume malade, un roi fou, un pouvoir partagé
La folie de Charles VI, source de chaos politique
Depuis 1392, Charles VI sombre dans des crises régulières de démence. Lorsqu’il est perdu dans la confusion : il ne reconnaît plus sa famille, il oublie qu’il est roi, il ordonne à ses serviteurs de fuir, il ne prend aucune décision politique. Pendant ces absences, deux hommes se disputent le pouvoir : Louis d’Orléans, frère du roi, brillant, ambitieux, violent, Jean sans Peur, duc de Bourgogne, stratège, populaire, manipulateur. Entre ces deux géants, le royaume ne peut être gouverné.
La rivalité entre Orléans et Bourgogne
Louis d’Orléans est : séduisant, fastueux, aimant le luxe, habile diplomate, parfois brutal. Il gouverne la France lorsque le roi est malade. Il dirige les finances, négocie avec l’Angleterre, contrôle la reine Isabeau de Bavière. Il est le maître du royaume dans les faits. Jean sans Peur, lui, représente : la tradition, l’ordre bourguignon, les finances prudentes, l’influence des villes du Nord, un immense réseau de partisans. Les deux hommes veulent tout : le pouvoir, l’armée, les impôts, l’influence sur le roi, l’avenir du royaume. La tension est insoutenable.
Paris en 1407 : une ville d’armures, de complots et de factions
Une capitale militarisée
À l’automne 1407, Paris ressemble à une ville sous occupation : banderoles bourguignonnes dans les rues du Nord, partisans d’Orléans dans les quartiers de la rive gauche, mercenaires allemands dans les tavernes, émeutes fréquentes sur les ponts, hommes d’armes patrouillant de nuit. Les chevaliers circulent en brigandines, épées courtes au côté. Beaucoup portent des sallets et cervelières relevées, prêts à se battre. Les gardes bourguignons sont équipés de longues haches semblables aux modèles de La Forge des Chevaliers®. La nuit appartient aux factions. Paris retient son souffle.
Louis d’Orléans : aimé et détesté
Louis est brillant, raffiné, cultivé. Il est aussi : excessif dans ses dépenses, agressif dans ses alliances, dangereux dans ses ambitions. Certains le voient comme un futur régent idéal. D’autres comme un tyran en puissance. Les Bourguignons répandent des rumeurs : qu’il ruine le royaume, qu’il contrôle la reine, qu’il souhaite écarter le dauphin. Le terrain est prêt pour un drame.
L’embuscade : la nuit du 23 novembre 1407
Louis quitte l’hôtel de la reine
Après une soirée passée auprès de la reine Isabeau de Bavière au palais Saint-Paul, Louis quitte la résidence vers 20 heures, accompagné d’une petite escorte de : deux écuyers, quelques serviteurs, un page portant une torche. L’escorte est minuscule. Louis croit être en sécurité. Il ne l’est pas.
L’embuscade dans la rue Vieille-du-Temple
Une trentaine d’hommes, armés et casqués, l’attendent dans une rue étroite, à l’entrée d’une masure abandonnée. Leur équipement est typique des hommes de Jean sans Peur : brigandines sombres, cervelières cerclées de fer, gants renforcés, haches courtes, épées d’estoc, coutelas recourbés. Lorsque la monture de Louis atteint le carrefour, les assassins jaillissent dans un fracas de métal.
Le massacre
L’attaque est fulgurante. Un tueur agrippe les rênes. Un autre frappe le bras du prince pour le désarmer. Louis chute lourdement. Les hommes se ruent sur lui. Plusieurs le frappent à la tête. La lame d’une hache lui brise la main lorsqu’il tente de se protéger. Une torche chute. Le cheval s’emballe. Louis crie : « Je suis le duc d’Orléans ! » La réponse vient d’une épée qui lui traverse la gorge. En quelques secondes, le frère du roi de France est mort, la tête fendue, le cou ouvert. Les tueurs disparaissent aussitôt, leurs pas martelant la pierre, leurs armes encore chaudes de sang.
Le scandale : Paris découvre le crime
Le cadavre ramené au palais
Des passants accourent. On reconnaît le duc. L’effroi se répand dans la ville. Son corps est ramené au palais Saint-Paul, déposé dans une salle éclairée de cierges. Les chevaliers de sa maison en armes s’y rassemblent, leurs boucliers posés contre les murs, énormes, silencieux, prêts à la vengeance.
Le peuple murmure
Dans les rues, les rumeurs courent : « C’est le duc de Bourgogne ! » « Jean sans Peur a fait tuer le frère du roi ! » « Paris va brûler ! » Le crime bouleverse Paris et tout le royaume.
Révélation stupéfiante : Jean sans Peur revendique le meurtre
Un acte de communication inédit au Moyen Âge
Le plus incroyable survient quelques semaines plus tard. Au lieu de nier, de se cacher ou de punir ses hommes… Jean sans Peur revendique officiellement l’assassinat. Il fait rédiger un texte hallucinant : « Le Justificatif », où il affirme que Louis d’Orléans était : un tyran, un corrupteur, un danger pour le royaume, un homme gouvernant à la place du roi malade, un abuseur de la reine, un voleur des finances du royaume. Il ose même dire que tuer Louis fut un acte de « légitime défense du bien commun ». Une première en Europe : un prince du sang justifie ouvertement un assassinat politique.
Paris éclate : la guerre civile commence
Deux camps, deux haines, deux Frances
Le meurtre crée deux factions irréconciliables : Les Armagnacs, partisans de Louis d’Orléans (menés par Bernard VII d’Armagnac). Les Bourguignons, soutenant Jean sans Peur. Paris devient une poudrière : patrouilles armées, combats de rues, exécutions sommaires, pillages, milices en marche, clochers sonnant l’alarme. On porte des couleurs pour s’identifier. L’héraldique devient politique. Les Armagnacs arborent leurs blasons, tandis que les Bourguignons défilent par groupes armés, boucliers peints, haches de combat, sallets à visière longue. La capitale vit dans la terreur.
La reine Isabeau de Bavière : au cœur de la tempête
Une figure politique centrale
Isabeau, qui entretenait une relation étroite avec Louis d’Orléans, se retrouve piégée : accusée par les Bourguignons, protégée par les Armagnacs, surveillée par Paris, fragilisée par la folie du roi. Elle tente de maintenir l’équilibre mais devient l’un des symboles de la division du royaume.
L’Europe observe : la France s’effondre
Une occasion rêvée pour l’Angleterre
Les Anglais, à ce moment-là en trêve, voient la France s’entre-déchirer. Le meurtre de 1407 leur offre une occasion inespérée : le royaume, divisé, devient vulnérable. Les chroniqueurs anglais écrivent : « La France se dévore elle-même avant que nous ayons à la combattre. » Ils ont raison : la France ne se relèvera pas rapidement de cette blessure.
La montée des violences : Paris devient un champ de bataille urbain
Des escarmouches quotidiennes
Entre 1407 et 1413, Paris vit : les brigades armagnacs parcourant les rues de nuit, les bandes bourguignonnes défilant en armes, des combats au pont Saint-Michel, des duels improvisés entre chevaliers, des assassinats ciblés dans les ruelles sombres. Les armes utilisées rappellent des modèles classiques visibles dans les catégories de La Forge des Chevaliers® : épées d’estoc pour percer les brigandines, haches de guerre courtes, dagues rondel, sallets et cervelières, plates segmentées.
L’héritage du meurtre : un royaume en morceaux
Le début de trente ans de catastrophe
Après 1407, tout s’enchaîne : révolutions populaires à Paris, prise de pouvoir bourguignonne, massacre des Armagnacs (1418), entrée triomphale des Anglais, défaite française à Azincourt (1415) alimentée par les divisions, traité de Troyes (1420) livrant la France à Henry V. Le royaume plonge dans le chaos parce qu’un soir, dans une rue étroite, un prince fut abattu sous les coups de chevaliers masqués.
Le destin de Jean sans Peur : la justice historique
Le meurtrier devient victime
En 1419, douze ans après le meurtre de Louis d’Orléans, Jean sans Peur tente une réconciliation avec le dauphin Charles (futur Charles VII). Ils se rencontrent sur le pont de Montereau. Mais les Armagnacs n’ont rien oublié. Au milieu du dialogue, des partisans du dauphin sortent leurs armes. Jean est frappé, poignardé, meurt empalé sur les pieux latéraux du pont. Il subit exactement ce qu’il avait infligé au duc d’Orléans. Le cycle de vengeance se boucle dans le sang.
Conséquences à long terme : les conditions qui conduisent à Jeanne d’Arc
Une France humiliée et fracturée
En 1407, la France est encore forte. En 1429, lorsque Jeanne d’Arc apparaît, la France est : morcelée, occupée, ruinée, traumatisée, prise entre Armagnacs et Bourguignons, soumise aux Anglais. Tout ce chaos commence avec l’assassinat du 23 novembre 1407.
Conclusion : une nuit, une hache, un royaume détruit
Le 23 novembre 1407 n’est pas seulement un meurtre : c’est un point de rupture majeur. Ce soir-là, à Paris : un prince tombe, un duc triomphe, un royaume se fracture. Les armures, les épées, les casques et les haches de cette nuit — semblables aux pièces de La Forge des Chevaliers® — ne sont pas que des symboles : ce sont les instruments d’une tragédie nationale. L’assassinat de Louis d’Orléans fut le premier coup de hache d’une guerre civile qui allait presque détruire la France avant que quelques décennies plus tard, une jeune fille en armure ne vienne rallumer la flamme du royaume.
Histoire de France au Moyen-Âge : le 23 Novembre

Laisser un commentaire